Les Médiaboliques

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Sarkozy et les journalistes

La Présidentielle 2012 donne, entre autres prismes, l'occasion d'observer les moeurs du politique moderne en face de son voisin d'époque : le journaliste.

Non pas que le blogueur ou le réseauteur influent ne comptent pas en 2012, mais contre toute attente, on peut noter qu'on en parle beaucoup moins d'eux que des "journalistes", distinctement à 2007. Vous savez, les journalistes, cette profession qui existait au siècle dernier et avait en charge de fabriquer nos support d'information, contre un salaire.

Revenons à nos moutons. Je pourrais m'attarder par exemple sur les "secouages" de journalistes à des meetings UMP, qui semblent devenir un sport d'entre deux tours avant ce 6 mai 2012. On s'en souviendra un moment chez Mediapart (qui cherche "NS" il est vrai) et BFM Tv ... Les nerveux ne sont-ils pas souvent ceux qui perdent les pédales justement, quand ils se savent en danger ? A voir.

Le mot du snipper

Mais je préfère parler du "détail" qui en dit long. Comme lors de l'émission "Des Paroles et des Actes" sur France 2, la semaine dernière. Où Nicolas Sarkozy répondait aux questions impertinentes (sans trop) de David Pujadas, sur sa propension à s'arranger avec la réalité sur quelques détails.

Le responsable politique a conclu par cette formule dite avec le sourire : "c'est tout ce que vous avez trouvé ? je vous connaissais plus perspicace M. Pujadas". Formule qui en dit donc long sur le mépris gentillet de l'homme d'Etat pour ces "mouches du coche" qui tournent autour de lui, et ne lui posent pas les questions au niveau de sa personne et de la situation.

"N'approche pas"

Personnellement, j'ai approché une fois N. Sarkozy, alors candidat à la Présidentielle 2007. C'était sur le salon LeWeb de Loïc Le Meur. Souvenir impérissable d'un contraste entre un homme d'une réelle petite taille, et la sécheresse de son contact via son service d'ordre, repoussant les micros un peu trop près d'enregistrer le Chef. Qui sait, des fois qu'une autre bourde à la "casse toi pov'con" lui échapperait... à l'insu de son plein gré. L'un d'eux, très fermement, avait repoussé mon bras qui tendait un dictaphone vers la bouche de N. Sarkozy avec un "toi tu n'approches pas" si net dans les yeux...

Entre ces trois histoires, je vois un point commun, un fil conducteur : la propension à intimider, en tout cas à tenter de le faire. Directement dans le comportement et le propos, indirectement dans le réflexe juridique : "NS" a porté plainte ainsi 7 fois depuis 2007 note Le Monde. Travers inversement proportionnel à la petite taille de l'homme, qu'on sait fréquent chez les Grands Chefs de Nation, dans l'histoire ?

Pour prolonger : lire aussi "Sarkozy distribue les pains aux médias" (Libération)

 

4.5.12 01:14


Kadhafi, la journaliste du JT et le flingue

L'image m'a frappé. C'était dans un JT français, il y a un peu plus d'une semaine, montrant les images d'un autre JT. Libyen celui-ci, et tenu par une journaliste pro-Kadhafi...


Bien sûr, elle n'était pas contente, franchement énervée même vu la tournure des évènements du jour. Mais de là à accomplir ce geste... Brandir un pistolet (de type Colt 45), bien le montrer à l'écran. Et accompagner le geste de la parole menaçante : si jamais on attaquait son pays, la télé où elle travaille, son plateau, elle se défendrait corps et âme. Ou se tuerait in fine.

Cette journaliste se nommerait "Hala Mistrati", nous indique le site 01like ajoutant un "t" à son nom, qui visiblement n'y figure pas... Car de son vrai nom, il s'agit de Hala Misrati (Hala, ça ne s'invente pas!).

La mort spectacle

Figure dramatique qui n'est pas sans rappeler le prophétique "Network", film américain où un présentateur au bout du rouleau, annonçait sa future mort en direct pour faire grimper l'audimat.

Quelque soit le lieu, le contexte... je me demande ce qui peut pousser quelqu'un se prétendant du journalisme à une telle symbolique, si elle n'est désespérée et hors de propos. On entre en effet dans un autre domaine, celui d'un militantisme engagé, risqué, pro-politique, incompatible avec la charte originelle du journalisme.

Et vu l'histoire de ce conflit, cette journaliste devra visiblement en répondre : on apprend en effet par le DailyMail qu'elle a été depuis capturée par les rebelles et est (à ce qu'on en sait) toujours vivante.

Questions éthiques et personnelles

Je me demande, enfin, quel genre de journaliste nous, je serai, en cas d'un conflit militaire en France...? Après tout, c'est vrai : ne pensons pas trop naïvement que nous sommes protégés à tout jamais, de toute violence et guerre, et pour l'éternité. L'Histoire est un éternel recommencement... qui nous conseille la prudence.

Prendrai-je alors fait et cause pour une attitude guerrière, ou au contraire resterai-je défenseur des idées et des mots, de l'information qui libère, bref de l'intelligence contre la barbarie ? Et si non, à partir de quand entrons-nous dans une zone de "dépassement de soi", pour oublier son métier et sa charge ?

Figure emblématique

Cette journaliste va t-elle rejoindre dans la galerie des têtes fortes médiatique du monde arabe, celle, irakienne, du journaliste qui avait lancé une chaussure à la face du président US, GW bush ? Ce n'était pas un journaliste tv de type présentateur, mais l'impact en fut énorme.

Ou Hala pourrait-elle devenir une martyre à sa cause si jamais on la privait de toute parole, ou pire encore... Même égarée, ne nous réjouissons pas trop vite du sort qui lui arrive, et sur lequel on pourrait dire d'un premier élan : "bien fait, elle l'a bien cherché".

A défaut de chercher, elle s'est surtout perdu...confondant information et implication.

6.9.11 02:25


JT : le cap des 20 ans, une relique

On sait depuis un certain temps déjà les difficultés des journalistes à conserver leur métier, leur spécialité... au sein d'un secteur de la presse secoué de crises multiples et animé chaque année par les mercato estivaux.

Pour beaucoup, la rémission est passée par une évolution radicale vers les "nouveaux médias" et une logique plus ouverte de "gestion de contenus" plus uniquement centrée sur l'information. Normal : on a besoin de moins de journalistes pour faire tourner les médias. Ceux-ci doivent se vendre ailleurs.

Dès lors, assurer et assumer des carrières longues relève de la rareté voire de la bizarrerie. Dépasser 2 ans sur un poste est dit être une performance. Au-delà de 5 ans, on évoque déjà l'encroutement...  Dix ans, et on vous colle une étiquette de placardisé, ou pire, de nullité que le marché ne voit même pas.

 

Exceptions télévisées

Que dire alors des... 20 ans de JT que vient de fêter le 16 août dernier Claire Chazal. Elle suit de près, en cela, ce que PPDA avait déjà réussi. Soit 21 ans de JT sur TF1. Ils sont suivis eux-mêmes de près par JP Pernault, lui aussi recordman de la présentation de JT...

Ces exceptions sont d'autant plus notables, qu'elles se passent à la télévision (réputée pourtant plus brutale que les autres médias) et de surcroît dans le secteur privé... Le "bétonneur" Bouygues comme on l'a souvent nommé, serait-il plus humain et patient que le service public par exemple ? David Pujadas par exemple, ne peut fêter "que" 10 ans de JT sur France 2...

Reste qu'il y a fort à parier que ces exemples soient un peu ceux des derniers dinosaures d'un monde (de la presse) en train de se diluer dans un média moderne plus instable. Changeant à chaque bouleversement technologique, fractionné et industrialisé par nos modes de consommation numérique, secoué dans ses modèles économiques.

Gageons que ces vingtenaires en poste permettent encore de faire rêver les jeunes générations de journalistes toquant à la porte des écoles ou se lançant dans leurs premiers stages... Pour combien de temps encore ?

19.8.11 01:04


Extrême interview : l'expérience David Lynch et la Méditation

J'ai passablement accroché hier soir, au documentaire de David Sieveking diffusé par Arte : "David wants to fly ". Cette plongée dans la Méditation Transcendantale (mouvement spirituel pour les uns, secte pour les autres) est surtout une plongée en Lynch land... Le réalisateur est en effet depuis plusieurs années une sorte de porte-parole VIP de la MT. Un peu à la manière d'un Tom Cruise pour la scientologie.


Là où ce travail m'a parlé, c'est qu'il m'a furieusement renvoyé... au mien. Moins brillant et connu dans la forme, j'ai en effet néanmoins consacré un dossier pour le magazine Entreprendre, en 2004, sur Lynch et la Méditation transcendantale. J'ai été flatté qu'il soit d'ailleurs sourçé depuis lors par Prevensectes.com.

Lynch qui fait peur

Un détail m'a frappé à l'image. Déjà cette mise en scène autour de Lynch, les intermédiaires de la MT qui gravitent autour, cette sorte de "réserve" obséquieuse, mélangée à une ouverture simulée...

A cette époque, Lynch avait aussi le même comportement qu'à l'écran chez Sieveking : ce débit monocorde et dense, par lequel il vous assène les explications les plus insensées sur le fait que la MT est une solution pour la paix dans le monde.

Il m'avait consacré plus d'une heure d'entretien, que j'ai gardé sur bande (K7) et dont il m'avait été impossible de tirer quelque chose de cohérent et lisible, sur un monde Q&A. A l'époque, j'avais fait cette interview avec le responsable de l'agence fournisseur de contenus pour Entreprendre : en ressortant tous deux de l'hôtel, lieu du rendez-vous près des Champs Elysées, nous nous étions regardés, un peu hagards... A quoi avions-nous assisté ? Qu'avions-nous cherché à nous vendre ?

Sans doute est-ce la limite intrinsèque à tout com' tentée par la MT avec David Lynch : paraître immédiatement pour ce qu'elle est, obtenir un effet inverse à celui de la promotion neutre. Combien de temps encore la presse arrivera t-elle à regarder Lynch comme un réalisateur de cinéma comme les autres ?

 

18.6.11 23:22


La pige à 10.000 euros de PPDA

Cela fait plusieurs matins que j'écoute Guy Carlier, étriller sur Europe 1 le journaliste Patrick Poivre d'Arvor. Lequel est empêtré actuellement dans des affaires de plagiat. Je trouvais le Carlier redondant, limite lourd. Mais il y a eu un petit détail...


Dans le même temps, on apprend en effet que PPDA perd sa chronique quotidienne publiée dans le quotidien France Soir. Les lecteurs n'auraient pas percuté à ses sagaces et courtes pensées. Du genre bâclées à se ficher de la gueule des gens? Pour en avoir lu une une fois, je reconnais qu'elle ne m'a pas bouleversifié... Il ne devait pas se tuer à pondre ça. Ou bien alors l'info télé l'avait complètement vidé de toute matière cérébrale.

Et puis les langues se délient, et on apprend l'inconcevable. En 2011, en pleine crise des médias, avec des journalistes au chômage par paquets, devinez combien était payé PPDA par France Soir? Rien moins que 10.000 euros par mois! (cf : Pure People) Ca fait cher l'édito, même quotidien.

Question de choix

Le pire est que ça ne semble guère émouvoir de monde dans le petit village des médias. On en reste à la surface des choses, au lieu de cibler cette réelle injustice de journaliste star nabab, sur-payée par caprice. Ce quand on sait que ces dernières années, les rédactions ont toutes poussé à la baisse les tarifs réels des piges : en gros dans les 40 à 60 euros du feuillet (de 1500 signes), quand elles ne sont pas compactés dans un "forfait" encore plus bas... ou traitées par des stagiaires.

Combien de journalistes aurait-on pu payer avec ce budget mensuel? Simple : 5 rédacteurs à 2000 euros par mois, qui auraient sans doute fait mieux dans la même mission. Qu'on aurait pu faire tenir un blog, animer un réseau social, publier des actus toute la journée, etc.

Moralité : parfois il est des stratégies de noms, qui ne sont que des noms sens, pardon, des non sens.

Pour prolonger : l'affaire n'est pas sans rappeler la question des émoluments de Christine Ockrent à la direction du pôle RFI/France 24/TV5 Monde... tiens une autre ex-présentatrice de JT populaire!

19.1.11 22:56


La meute de journalistes excités

C'est un travers régulier de la mise en scène des médias, au cinéma et à la télévision. Dans un film ou une série, c'est toujours un peu la même chose : dès que les journalistes entrent en scène (par exemple dans une trame policière), ils sont cette "meute" d'enragés, remontée à bloc pour décrocher coûte que coûte un commentaire ou une photo. La politique n'est pas en reste de ce genre de situation, comme sur cette photo avec Lionel Jospin.


J'ai revu pareille sempiternelle scène dans la série "The Eleventh Hour", diffusée en ce moment sur TMC. Dans un épisode où une épidémie d'un virus rare se déclenchait dans les tranchées d'un chantier, on y coupait pas... Et pan! La meute de journalistes qui se ramène, remuant, désordonnée, s'excitant derrière le fil jaune de sécurité, sous la bonne garde de policiers stoïques.

 

Et le mot désobligeant...

Et comme souvent, un commentaire désobligeant accompagne l'image pour bien enfoncer le clou, au cas où l'on aurait pas saisi le message. Il provient souvent du héros ou de son adjoint(e), sur l'air de : "Et voilà, on contrôlait la situation. Et ces andouilles de journalistes vont faire paniquer tout le monde!". Une introduction du geste à la parole qui, souvent, consiste à "faire évacuer" ou à dire un "contenez moi ces vautours".

On sait bien sûr que les grands médias de masse fonctionnent par clichés et raccourcis, car il faut aller vite à l'essentiel. Mais on aurait pu espérer qu'au bout d'un moment, ce cliché ci la mette en mineur. Pour arrêter de discréditer une profession (la mienne) qui subit déjà pas mal d'assauts... Ce pour arrêter de marteler l'idée que les journalistes bousculent, se précipitent, sont moutonniers et bradent l'info. Même si parfois ces comportement excessifs existent bien, et doivent être corrigés.

16.11.10 03:44


Presse : rentrée des fusions et journaux mutants

Vous n'avez pas entendu parler de l'affaire de l'avant-rentrée? Les nouveaux magazines "Be" et "Envy", hier promis aux plus hautes destinées conquérantes, vont faire destin commun. Cette fusion relance la thématique dans le secteur de la presse, déprécié, secoué par le web, en perte d'audience et d'argent.

 


 

La mécanique intellectuelle est simple, presque banale : s'il y a moins de place sur le marché pour tant de journaux, hé bien réduisons donc leur nombre! Tout en y joignant une mécanique commerciale imparable : si les annonceurs trainent des pieds devant nos audiences individuelles et en berne, hé bien cumulons-les! La tactique de l'économe et du vendeur quoi.

Tout le monde il est content? Pas sûr. En revanche, il est une mécanique de fusion qu'on a pas encore abordé, ni même aperçu de loin. Et qui pourrait pourtant trouver son public : la dérision.

Et oui, si nos journaux fusionnaient leur ADN, pour fabriquer... des mutants, des monstres de presse au propre et au figuré. Ca n'attirerait pas les foules ça?

Quelques exemples (en hommage aux pastiches de presse de tous temps et tous lieux) :

- Libégaro : pff... de toute façon, ça fait longtemps que Libé "a perdu son esprit" et que le Fig "écrit des papiers sociaux vraiment de qualité" (variante possible : "Libéragot, le journal de toutes les rumeurs".

-  La Tribuchos : fusionner La Tribune et Les Echos? Bon, autant faire un journal hispanisant, olé, plutôt que deux journaux "bip"! (variante possible : "Les Echotribuns, le journal de tous les cadors du business".

- Capici : d'une pierre deux coups. Voici l'actu des people, et voilà l'étude leur Capital...(variante voisinne : "Galagement, gérer votre vie de luxe".

- Stranckey : pour les pré-ados de 5 ans, et les adulescents sur le retour, voici le journal ultime. Mélange de Serval et de Dingo, de burnes et de bubbles. Garanti de 7 à 77 ans.

- Point de Travaux du Monde : les mémères lisent Point de Vue et tricotent en même temps? Hé ben, on leur encarte Modes & Travaux en cahier central.

- La Parisportien : Le Parisien manque de blé? Les paris sportifs, ça fait de la thune? Hé bien, on hésite plus, deux en un! (variante possible : "Le Paritiens, tiens prend ton journal gratuit".

- Médiappart : la presse incorruptible, c'est cool mais ça paye pas? L'immo, ça repart? La soluce est là : en prime des enquêtes "les dessous de l'immobilier", toutes les deux semaines. (variante possible : "Médiapapa, le journal d'enquête sérieux de papa".

 

Couples à trois

Mon pronostic? Cette marche vers la fusion va se répéter, se multiplier, s'approfondir. Et peut être que nous devrons refaire l'exercice/jeu précédent... à trois entrées. Quand on aura fusionné d'ex concurrents, d'ex "trop proches sur leur périmètre-cible", restera à y ajouter un troisième ingrédient.

Pour pondre "LE" journal absolu, épais comme une pizza hut, putatif à souhait. Le bébé incertain d'amours impossibles, et d'un désamour bien réel, entre public et presse.

27.9.10 21:57


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